TradiNews

Actualité(s) du Traditionalisme Catholique

23 juillet 2016

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] L’académisme Nul

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 23 juillet 2016

Si le monde universitaire manque de toute raison - C’est que des hommes d’Église ont trahi ses intérêts.
Lorsque Votre Excellence m’avait demandé, en tant qu’étudiant en histoire, si je partageais votre opinion selon laquelle le phénoménalisme agnostique condamné dans Pascendi est la clef la plus utile pour comprendre la scène moderne, j’ai été d’accord sur le champ. Je me suis alors demandé comment des hommes, surtout des hommes instruits, pouvaient prendre au sérieux une telle ineptie que cette doctrine qui affirme que l’esprit ne connaît rien au-delà des phénomènes ou des apparences. Et je me suis rappelé comment, après avoir écouté avec attention pendant plus de trois ans et demi sur les bancs des salles de cours de brillants professeurs qui semblaient avoir un sens de la réalité et beaucoup qui n’en avaient pas, je me suis mis à me demander pourquoi certains raisonnaient très bien alors que d’autres, munis des mêmes ou semblables doctorats, adoptaient des idées aussi déraisonnables et insensées. Voici la réponse de cet étudiant plongé depuis belle lurette dans la scène académique...

Après avoir réfléchi un peu, il m’est venu à l’esprit que les professeurs les plus logiques étaient des Catholiques, car même s’ils ne sont que des conservateurs, ils possèdent néanmoins une vision réaliste du monde. D’autre part, les instructions du grand nombre de professeurs sont embrouillées, confuses et insensées. Ils enseignent des idées bizarres et excentriques et les soutiennent avec des demi-vérités. Ils adoptent pratiquement toutes les notions à la mode, telles le réchauffement global ou le changement climatique (la nouvelle « évolution »), et ils les présentent comme des vérités absolues. Leur raisonnement est un pur non-sens et ne peut résister à un examen attentif. J’ai commencé à me demander comment des hommes si savants pouvaient être si ignorants. Et après avoir réfléchi encore beaucoup, je suis arrivé à ce que je crois être la véritable réponse.

Puisque les professeurs qui sont les plus sensés sont des hommes qui essaient au moins d’être catholiques, il s’ensuivrait qu’ils possèdent quelque chose que les païens n’ont pas. Avant la révolte de Martin Luther, la plupart des érudits ou des hommes instruits étaient des Catholiques qui mettaient en œuvre leur raison et avaient du bon sens, en sorte que la plupart d’entre eux enseignaient et croyaient la même vérité. Lorsque Luther ravagea l’Église, il ravagea aussi bon nombre de clercs instruits et de professeurs d’Université. En particulier, sa nouvelle religion élimina le Sacrement de Confirmation, par lequel nous savons que les Catholiques reçoivent les sept Dons du Saint-Esprit, dont quatre pour l’esprit : la Science, l’Intelligence, la Sagesse et le Conseil. Tous les quatre font défaut aux professeurs agnostiques d’aujourd’hui. Certes, ces derniers peuvent être fort bien éduqués , des gens instruits, mais ils ne savent utiliser leur science de manière raisonnable, ni comment l’appliquer à la réalité. Comme le disait Saint Pie X, ils développent des fantaisies pour les présenter comme des vérités, et pire, ils se persuadent qu’ils sont brillants alors qu’en réalité ils se vautrent dans leur ignorance. Ils pratiquent le culte du 2 + 2 = 5, tout en étant fiers.

Selon cette théorie, la destruction du monde universitaire d’aujourd’hui remonte au rejet par Luther du Sacrement de la Confirmation, et au rejet progressif de la Foi catholique par les Universités d’Europe. Finalement des milliers de professeurs ont été lâchés dans le monde universitaire, lesquels avaient reçu une éducation au-delà de leur capacité de raisonner. Manquant de Science, d’Intelligence, de Sagesse et de Conseil au plus haut sens des mots en tant que Dons de Dieu, ils ont profité de l’Université pour développer la panoplie des erreurs modernes, ou des « ismes ». Par exemple, affirmer que le réchauffement global va détruire l’homme et le monde est un pur non-sens, pourtant il est enseigné et cru dans les Universités modernes, comme s’il était aussi sûr que 2 + 2 = 4. Et dans les Universités ces idées empoisonnées sont gobées par les jeunes ingénus et candides, tels des biscuits à l’heure du thé, surtout la subjectivité de la Vérité, à savoir, tel sujet, telle vérité. Et au Diable avec la Raison.

Il s’ensuivrait que lorsque Vatican II choisit de suivre les traces de Luther en abandonnant la Tradition et en « renouvelant » par là le sacrement de la Confirmation de manière à mettre en doute sa validité, les Catholiques eux-mêmes ont mis en danger les Dons de Dieu et de l’Esprit Saint, et dans cette mesure ils ont perdu la capacité de raisonner, car la Confirmation dans la Néo-église n’a plus pour but que de faire de «meilleurs Chrétiens».

Kyrie eleison.

22 juillet 2016

[Bertrand Y. (blog)] Les «sedevacantistes»: leurs au moins double aberration et désertion !

SOURCE - Bertrand Y. (blog) - 22 juillet 2016
St Pierre s’est distingué parmi tous les Apôtres par la promptitude de sa foi, c.-à-d. à adhérer à l’article de notre Credo proclamant la divinité de Jésus-Christ en lequel se récapitule, comme l’affirme St Paul, toute la religion catholique car il suppose celui sur la Trinité, avec sa seconde personne incarnée, et tous les autres articles en découlent. Or, comme le Fils de Dieu le lui a dit, ce ne sont pas la chair et le sang (Mtt., 16), c.-à-d. la raison humaine ou naturelle, qui ont pu faire connaître au Prince des Apôtres des vérités qui la dépassent de façon absolue, qui lui sont totalement impossibles à concevoir, mais la seule Parole divine [1]. Voila pourquoi il lui paraît on ne peut plus normal d’être docile à celle-ci en recevant humblement son enseignement ou tout ce qu’elle a bien voulu nous révéler sur la divinité elle-même, sur la destinée qu’elle a préparée à ses créatures, surtout celles faites à son image ou participant à sa nature spirituelle. Son esprit est donc naturellement religieux. Pour lui l’existence d’un être transcendant, infiniment au-dessus et distinct de tous les êtres connus et qu’on appelle Dieu, va de soi.

Comme cette simplicité ou cette spontanéité de Pierre à croire en Dieu tranchent non seulement avec la lenteur de l’Apôtre Thomas mais aussi et bien plus gravement avec la difficulté de l’homme moderne à accepter soit déjà la vérité élémentaire de l’existence de Dieu (notamment dans la France « laïque » d’aujourd’hui devenue l’un des pays les plus areligieux au monde), soit a fortiori l’idée de se soumettre en tout à son autorité ! Il n’y a certainement pas progrès en cela mais au contraire une régression de l’humanité demeurée jusque là universellement religieuse depuis ses origines, même si avec des déviations graves (dans les judaïsme et christianisme d’origine eux-mêmes comme hors du judéo-christianisme); et d’autant plus grande que parallèlement la connaissance de toutes les merveilles de la nature et de l’harmonie parfaite entre elles a, elle, considérablement progressé, mettant encore plus en lumière qu’autrefois l’existence de cette intelligence supérieure et de cette bonté, qui se répand si généreusement, qu’est Dieu, leur seule explication satisfaisante et rationnelle possible. C’est cette quasi évidence que refusent de reconnaître les agnostiques et les matérialistes soi-disant scientifiques ! Difficile de ne pas y voir un acte d’orgueil (peut-être inconscient chez certains) ou de mauvaise volonté, celle pour la créature de ne pas dépendre de son créateur [2]. On tombe alors là dans l’absurde car quel esprit sensé ne voudrait pas dépendre de la bonté infinie ? N’est-ce pas folie de vouloir s’en séparer individuellement et socialement pour le présent donc pour l’éternité ? Voila sans doute comment on peut en arriver à ce degré de malice qui rend l’homme tellement mauvais ou dépourvu de bonté qu’il devient incapable de concevoir Dieu comme la bonté même et de se tourner vers elle avec amour (le fameux blasphème contre le St Esprit). Quel aveuglément épouvantable! Que Dieu nous en préserve au moins personnellement sinon collectivement !

Revenons à la simplicité bien plus sympathique de St Pierre ! Elle lui a attiré la bénédiction divine autant que l’esprit d’indépendance attire à son auteur la réprobation, sinon la malédiction : « tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ; et les portes de l’Enfer ne prévaudront pas contre elle » (Mtt., 16). Autrement dit : « par ta foi exemplaire, tu as été jugé le plus digne pour tenir ma place de manière visible lorsque je serai remonté au Ciel ; et tu as surtout mérité, en retour, ma protection toute spéciale sur mon Eglise, donc sur toi, contre les menées de l’Enfer qui ne visent rien de moins que sa ruine totale ». On peut en déduire que si nous assistons de nos jours à ce qui ressemble beaucoup à cette œuvre de destruction, c’est le moins qu’on puisse dire, c’est que la foi du successeur de Pierre, comme d’ailleurs de ses prédécesseurs immédiats, n’est pas exemplaire, est très imparfaite, sinon gravement défaillante. Elle laisse, en effet, prévaloir les pauvres petites pensées de l’homme [3] sur celles sublimes et adorables de Dieu [4] comme nous l’avons encore constaté dernièrement avec consternation à propos, par exemple, du lien sacré du mariage…

Ce n’est donc pas pour rien que l’Eglise a depuis toujours coutume de prier spécialement à chaque messe, entre autres, pour son chef. Nous devons prendre très à cœur cette prière car Jésus a aussi dit « veillez et priez sans cesse », « demandez et vous recevrez », ce qui signifie que la protection divine sur l’Eglise d’aujourd’hui dépend certainement de nos prières pour le pape, comme la délivrance de Pierre de la prison d’Hérode a dépendu de celles de la première communauté chrétienne à Jérusalem. De nos jours, son successeur, comme d’ailleurs la grande majorité du clergé, est prisonnier, sinon physiquement, au moins spirituellement, intellectuellement de philosophies ou de manières de réfléchir qui prévalent dans le monde mais qui sont incompatibles avec une pensée vraiment chrétienne, qui la combattent ou la pervertissent [5]. Ce n’est pas un jugement personnel mais celui du plus grand pape de notre époque, St Pie X, qui a depuis longtemps [6] diagnostiqué ce mal des plus graves qui la ronge et qu’il a appelé le modernisme ou « le collecteur de toutes les hérésies ! ». Que cela puisse aller chez un pape lui-même jusqu’à lui faire perdre totalement et intimement non seulement la foi mais aussi la papauté, dont la mission principale est de transmettre inviolablement et de défendre la première, ne peut l’affirmer en toute certitude que celui qui a seul sur terre le pouvoir suprême de lier et de délier, à savoir un pape… D’où la position doublement aberrante des « sedevacantistes » qui, en plus de leurs folles prétention [7] et présomption à affirmer par leur propre et seul jugement (et « ex cathedra » !) que le siège de Rome serait vacant, se dispensent ainsi de prier pour la délivrance de celui qui y a été au moins légalement [8] élu donc privent l’Eglise de précieuses prières au moment où elle en a le plus besoin! Ce qui ressemble fort à un lâche repli, à l’abri des coups inévitablement reçus sur la ligne de front à tenir, qu’on appelle aussi une désertion…

B.Y.
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[1] les innombrables et éclatants miracles de J.-C. et des Apôtres ne font que la confirmer 

[2] dépendance qui, dans l’Eglise ou au niveau surnaturel, doit être totale, à commencer chez le pape envers J.-C. et la Tradition de l’Eglise jusqu’à lui, puis chez les évêques envers J.-C., la Tradition et le pape, ensuite chez les prêtres envers J.-C., la Tradition, le pape et leur évêque, enfin chez les fidèles envers J.-C., la Tradition, le pape, leur évêque et leurs prêtres 

[3] surtout depuis le Concile Vatican II 

[4] contenues dans toute la Révélation de J.-C. puis dans la Tradition qui la complète sans la contredire sous l’action du St Esprit 

[5] seules les philosophie et théologie thomistes cadrent parfaitement avec elle, comme l’affirme St Pie X à la suite de la plupart des papes 

[6] encyclique « Pascendi » en 1908 

[7] le gouvernement de l’Eglise, voulu par le Christ à perpétuité, est monarchique et non démocratique 

[8] à distinguer de « légitimement » qui a une connotation morale donc suppose que les cardinaux responsables de l’élection aient voté en âme et conscience ou en estimant que l’élu avait au moins les qualités indispensables requises ; et que l’élu ait accepté le vote dans le même esprit ; ce qu’il serait illégitime de ne pas supposer sans preuve formelle ou indubitable du contraire…

21 juillet 2016

[DICI] Nouvelle étude critique de l’Exhortation Amoris lætitia

SOURCE - DICI - 1er juillet 2016

Le 2 mai 2016, la Fraternité Saint-Pie X demandait une révision de l’Exhortation Amoris lætitia et tout particulièrement du chapitre 8 : « Ce qui est ambigu doit être interprété de façon claire, et ce qui est en contradiction avec la doctrine et la pratique constante de l’Eglise doit être retiré, pour la gloire de Dieu, pour le bien de toute l’Eglise, pour le salut des âmes, spécialement de celles qui sont en danger de se laisser tromper par l’apparence d’une fausse miséricorde ». (Voir DICI n°335 du 06/05/16)

Le 7 mai, à Rome, John Smeaton, directeur général de la Société pour la Protection des Enfants à Naître (SPUC), et co-fondateur de Voice of the Family, dans le discours d’ouverture du Rome Life Forum – en présence du cardinal Raymond Leo Burke –, souhaitait même le retrait pur et simple du document romain.

Le 26 mai, dans une lettre adressée à l’avocat américain Christopher Ferrara, Mgr Athanasius Schneiderévêque auxiliaire de Sainte-Marie d’Astana (Kazakhstan), réclamait « une analyse solide de toutes les expressions ambiguës et objectivement erronées contenues dans Amoris lætitia ». (Voir Nouvelles de Chrétienté n°159 – mai-juin 2016)

Le 7 juin, le vaticaniste Sandro Magister reprenait sur son site Chiesa une étude critique très précise de l’universitaire australienne Anna M. Silvas, qui enseigne à l’University of New England et à l’Australian Catholic University. Son analyse est intitulée « Alice au pays d’Amoris lætitia », en référence aux « Aventures d’Alice aux pays des merveilles » de Lewis Caroll. On verra pourquoi à la fin du 3e paragraphe des extraits que nous reproduisons ici.
Lecture du chapitre 8 
(…) Au n°297, nous voyons que la responsabilité, en ce qui concerne les “situations irrégulières”, est transférée au discernement des pasteurs. Pas à pas, subtilement, les arguments font avancer un programme bien défini. Le n°299 demande comment “les diverses formes d’exclusion actuellement pratiquées” peuvent être surmontées et le n°301 introduit l’idée d’un “colloque avec le prêtre, dans le for interne”. Ne peut-on pas déjà détecter dans quelle direction va l’argumentation ?
Nous en arrivons ainsi au n°301, qui abandonne le style circonspect alors que nous entrons dans le maelström des “circonstances atténuantes”. Ici, on a l’impression que la “vieille Eglise méchante” a enfin été remplacée par la “nouvelle Eglise gentille” : dans le passé, nous avons pu penser que les personnes qui vivaient en “situation irrégulière” sans se repentir étaient en état de péché mortel ; mais, maintenant, il est possible que ces personnes ne soient pas en état de péché mortel, après tout, et la grâce sanctifiante peut effectivement être à l’œuvre en elles. 
Le texte explique alors, dans un excès de pur subjectivisme, qu’« un sujet, même connaissant bien la norme, peut avoir une grande difficulté à saisir les ‘valeurs comprises dans la norme’ ». C’est une circonstance atténuante plus forte que toutes les circonstances atténuantes. Alors, avec cet argument, pouvons-nous maintenant disculper Lucifer de son envie originelle, parce qu’il avait une “grande difficulté à saisir”, pour lui, la “valeur” de la majesté transcendante de Dieu ? A ce point, j’ai la sensation que nous avons complètement perdu pied et que nous sommes tombés, comme Alice, dans un univers parallèle, où rien n’est ce qu’il paraît être. (…) 
Nous en arrivons enfin au crucial n°305. Il commence par deux de ces caricatures désinvoltes que l’on retrouve tout au long du document. Le pape François répète et réaffirme maintenant la nouvelle doctrine qu’il a présentée un peu plus tôt : quelqu’un peut être dans une situation objective de péché mortel – car c’est de cela qu’il parle – et continuer à vivre et à progresser dans la grâce de Dieu, tout en “recevant à cet effet l’aide de l’Eglise”, qui, à ce qu’assure la tristement célèbre note 351, peut inclure, “dans certains cas”, à la fois la confession et la sainte communion. Je suis certaine qu’il y a maintenant beaucoup de gens qui travaillent activement à “interpréter” tout cela selon une “herméneutique de continuité”, pour en montrer l’harmonie, je présume, avec la Tradition. Je pourrais ajouter que, dans ce n°305, le pape François se cite quatre fois. En réalité, il apparaît que le point de référence le plus fréquemment cité par le pape François tout au long d’Amoris lætitia, c’est lui-même, ce qui est intéressant en soi. 
Dans le reste du chapitre, le pape François change d’approche. Il reconnaît avec embarras que son approche peut “prêter à confusion” (n°308). A cela, il répond en parlant de la “miséricorde”. Au tout début de l’exhortation, dans le n°7, il a déclaré qu’il est probable que “tous se sentiront interpellés par le chapitre 8”. Oui, c’est vrai, mais pas tout à fait dans le sens joyeusement heuristique auquel il pensait. Le pape François a volontiers admis, dans le passé, qu’il est le genre de personne qui aime faire du “bruit” ? Eh bien, je crois que l’on peut reconnaître qu’il y est certainement parvenu avec son exhortation. (…) 
Dans ma jeunesse, j’ai été angoissée par le problème suivant : comment peut-on obéir à celui qui désobéit ? Parce qu’un pape est, lui aussi, appelé à obéir – et il l’est même tout particulièrement. 

Les implications plus larges d’Amoris lætitia 
Les graves difficultés que je prévois, en particulier pour les prêtres, seront le résultat des interprétations contradictoires des failles dont est discrètement parsemée Amoris lætitia. Que fera un jeune prêtre récemment ordonné, qui, étant bien informé, souhaitera maintenir le principe selon lequel les divorcés remariés ne peuvent en aucun cas être admis à la Sainte Communion, alors que son curé adoptera une pratique d’”accompagnement” qui considérera au contraire qu’ils le peuvent. Que fera un curé ayant le même sens de la fidélité, si son évêque et son diocèse décident de mettre en œuvre une pratique plus libérale ? Que feront les évêques d’une région par rapport à ceux d’une autre région, étant donné que chaque groupe d’évêques décidera de la manière de prendre en compte les “nuances” de cette nouvelle doctrine, ce qui aura pour conséquence, dans le pire des cas, que ce qui sera considéré comme un péché mortel d’un côté de la frontière, sera “accompagné” et approuvé tacitement de l’autre côté ? Nous savons que cela se fait déjà, officiellement, dans certains diocèses allemands, et non officiellement en Argentine, et même ici en Australie, depuis des années, comme je peux m’en porter garante en ce qui concerne ma propre famille. 
Un tel résultat est effrayant, il peut marquer (…) l’effondrement de ce qu’affirme le christianisme catholique. Mais, bien entendu, d’autres aspects de la détérioration ecclésiale et sociale nous ont également conduits jusqu’à ce point : les dégâts provoqués par le pseudo-renouvellement dans l’Eglise au cours des dernières décennies, la politique d’inculturation, d’une stupidité ahurissante, qui est appliquée à une culture occidentale désormais sans racines et confrontée à un sécularisme militant, l’incessante et progressive érosion du mariage et de la famille dans la société, les attaques contre l’Eglise qui viennent de l’intérieur, plus fortes que celles qui viennent de l’extérieur, ce que déplorait tant le pape Benoît, la défection de longue date de certains théologiens et laïcs en matière de contraception, les effrayants scandales sexuels, les innombrables sacrilèges commis avec désinvolture, la perte de l’esprit de la liturgie, les schismes de facto à l’intérieur de l’Eglise à propos de toute une série de sujets et d’approches graves, à peine masqués par une apparente unité de jure de l’Eglise, les formes de profonde dissonance spirituelle et morale qui, de nos jours, bouillonnent sous l’étiquette délabrée de “catholiques”. Et nous sommes étonnés que l’Eglise soit faible et sur le chemin de la disparition ? (…) 

Péroraison 
Ici Anna M. Silvas s’adresse aux cardinaux et évêques. 
(…) Pour le moment, vous qui avez des responsabilités dans le gouvernement de l’Eglise, vous allez devoir prendre des mesures concrètes en ce qui concerne les questions délicates soulevées par Amoris lætitia. Tout d’abord, dans notre esprit, il ne doit pas y avoir de doutes quant à ce qu’est et ce que sera toujours l’enseignement de l’Evangile. Bien évidemment, toutes les stratégies imaginables tendant à une clarification officielle de la pratique pastorale envisagée doivent être essayées. J’insiste particulièrement sur ce point auprès des évêques australiens. Certains d’entre vous vont peut-être se trouver, vis-à-vis de leurs pairs, dans des situations très difficiles, qui demanderont presque les vertus d’un confesseur de la foi. Etes-vous prêts pour les coups, au sens figuré, que vous pourriez être amenés à recevoir ? Vous pouvez, bien entendu, choisir la sécurité illusoire d’une superficialité conventionnelle et d’une popularité apparente, ce qui est une grande tentation pour les ecclésiastiques comme pour les gens qui travaillent en entreprise. Je ne le conseille pas. L’époque est grave, peut-être bien plus grave que nous ne l’imaginons. Nous allons être mis à l’épreuve. “Le Seigneur est là. Il t’appelle” (Jn 11,28).
(Source : Chiesa – Traduction française par Antoine de Guitaut – DICI n°338 du 01/07/16)

[breizh-info.com] Rennes. La communauté traditionnelle de la chapelle St-François sera maintenue à la rentrée

SOURCE - breizh-info.com - 21 juillet 2016

La mobilisation des fidèles de la chapelle Saint-François de Rennes aura payé. Selon les dernières nouvelles la communauté traditionnelle, menacée de disparition par l’archevêque Mgr d’Ornellas, sera maintenue à la rentrée. Mieux : l’archevêque a accepté la nomination par l’ICRSP d’un successeur au chanoine Cristofoli, qui dessert actuellement la chapelle, et dont il avait exigé le départ.

La communauté traditionnelle de la chapelle Saint-François existe dans cette chapelle, qui appartient au diocèse, depuis 1988 ; elle est desservie par l’ICRSP (Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre depuis 2002. Le 12 juin dernier, en annonçant que le départ du desservant actuel, le chanoine Cristofoli installé à Rennes depuis 2008, était exigé, que la convention avec l’ICRSP ne sera pas reconduite et la chapelle vendue, l’archevêché de Rennes a mis le feu aux poudres.

Déterminée à ne pas disparaître, la communauté traditionnelle a organisé la riposte, en créant une page sur les réseaux sociaux – près de 1800 «likes» en deux semaines, le double de la page officielle de l’archevêché, plus de 2000 aujourd’hui – mais aussi en organisant une réunion publique dans la chapelle, le 22 juin, puis un chapelet devant la cathédrale le 29. Depuis une dizaine de jours, une dizaine de fidèles – une vingtaine le week-end – s’installaient en « sentinelles » devant l’évêché entre 13h145 et 14h45, à l’heure du mouvement des employés. Les « sentinelles », nées de La Manif pour Tous s’installaient devant les lieux emblématiques pour dénoncer le « mariage » pour tous (Loi Taubira). Désormais, c’est le diocèse de Rennes qui était dans leur viseur.

Loin de tenter d’apaiser la situation, alors que les fidèles de la chapelle se mobilisaient largement, et que l’affaire commençait à créer un important tollé dans et à l’extérieur du diocèse, celui-cis’enfermait dans le double discours et s’y tenait en multipliant les occasions de double langage.

La très grande vitalité de la communauté de la chapelle saint François – plus de 700 fidèles, dont beaucoup de jeunes – et cent scouts – qui suscite chaque année plus de vocations sacerdotales que l’ensemble des 50.000 et quelques pratiquants de l’archidiocèse de Rennes semblait surtout être au cœur du problème, suscitant, selon certains, une certaine « jalousie » à l’archevêché.

Un important battage médiatique

Loin de la discrétion espérée par l’archevêché, la mobilisation des fidèles donnait lieu à un important battage médiatique autour de l’affaire Saint-François (Breizh Info, Reinformation tvBoulevard Voltaire, La Croix, TV Libertés . Celle-ci permettait de faire connaître l’affaire bien au-delà des limites de l’archidiocèse.

Finalement, cette mobilisation fera évoluer la position du diocèse. Le 17 juillet, une nouvelle lettre de l’archevêque Mgr d’Ornellas a été lue avant la messe. C’était d’ailleurs la première pour un chanoine de l’ICRSP tout juste ordonné, l’abbé Pinoteau ; en 2016, l’ICRSP a eu 11 prêtres ordonnés, dont 8 français, parmi lesquels deux sont bretons. L’archevêque y écrit qu’il a discuté avec Mgr Schmitz, provincial de France de l’ICRSP, qu’il a reçu ce chanoine, lui a fait rencontrer d’autres prêtres, et a accepté sa nomination. Il attend donc que l’ICRSP l’envoie officiellement en mission à Rennes. La nomination sera officialisée dans la seconde quinzaine du mois d’août.

L’actuel desservant de la chapelle, le chanoine Cristofoli nous précise ce qu’il en est : « Il y a eu des échanges par mails, le 10 et le 11 juillet, entre l’archevêque Mgr d’Ornellas et Mgr Schmitz. L’archevêque a reçu le 15 juillet un chanoine de l’ICRSP pressenti pour venir à Rennes, et cet entretien s’est très bien passé. Il lui a fait rencontrer un prêtre qui fera le lien entre la communauté Saint-François et l’archevêché – ce n’est pas un lien hiérarchique – et ensuite deux autres prêtres, les pères Lemoine et Lagneau, qui lui ont parlé de la mission de la chapelle dans le diocèse. Ces entretiens se sont bien passés ». C’est donc la garde rapprochée de l’évêque qui a reçu ce chanoine, actuellement en poste dans un autre diocèse français.

« Après cela l’archevêque Mgr d’Ornellas a accepté que ce chanoine vienne à Rennes, et écrit à Mgr Schmitz pour qu’il l’envoie en mission, ce qui a été fait. Des écrits ont été échangés, la succession est donc assurée, puisque Mgr d’Ornellas n’a pas l’habitude de revenir sur ses engagements écrits. Elle sera officialisée après le 15 août ». Le chanoine Cristofoli partira donc l’esprit tranquille, la communauté étant sauvée. Mieux, « il y aura une convention pour trois ans entre l’ICRSP et le diocèse », alors que la convention était jusqu’alors annuelle, et la communauté en situation de précarité permanente.

« Nous restons unis, déterminés et mobilisés », commente à chaud Hubert des Minières, président de l’association saint Benoît de Nursie qui gère la chapelle depuis 1988 et a été le fer de lance de la mobilisation des fidèles. « Mais ce sont de très bonnes nouvelles, on est sur une très bonne voie, nous sommes en train d’obtenir tout ce pour quoi nous nous battions depuis des années ».

20 juillet 2016

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