21 octobre 2014

[Jérôme Bourbon - Rivarol] Suicide français ou génocide programmé ?

Jérôme Bourbon - Rivarol - 23 octobre 2014

C’est le grand succès du moment. Le dernier essai d’Eric Zemmour, Le suicide français sous-titré « Les 40 années qui ont défait la France » arrive désormais largement en tête du classement des ventes de livre. Le polémiste peut même se targuer d'avoir détrôné Valérie Trierweiler, qui squattait la première place depuis le 4 septembre, avec Merci pour ce moment. Selon l'éditeur Albin Michel, cité par Le Point, plus de 5.000 exemplaires du Suicide françaistrouvent preneur chaque jour. Imprimé initialement à 100.000 exemplaires, l'ouvrage a bénéficié d'un réassort de 20.000 exemplaires avant même sa sortie le 1er octobre. Ce succès, comme les excellents scores du Front national, est un symptôme qui montre l’inquiétude de plus en plus forte, de plus en plus massive de Français qui ne veulent pas mourir, qui n’entendent ni se métisser, ni être submergés, ni être remplacés et qui assistent, effarés et impuissants, à l’effondrement de leur nation et de toutes les structures traditionnelles. Ils ne reconnaissent plus la France qu’ils ont connue enfants. Les minorités ethniques et sexuelles, si visibles, si ostentatoires à la télévision, au cinéma, dans le monde de la chanson leur deviennent de plus en plus urticantes par leur communautarisme, leurs revendications incessantes, leur mépris du peuple, du terroir, des traditions, des racines.
Dérision, déconstruction, destruction
Avec talent et clarté, Eric Zemmour qui est sans doute l’un des plus brillants analystes politiques actuels et qui est incontestablement très cultivé (il écrit en un français académique, a le sens de la formule et de la synthèse et son livre est très agréable à lire) expose en une succession de courts chapitres les étapes de ce qu’il appelle « le suicide français ». Dès l’introduction, le ton est donné, le constat est implacable : « La France est l’homme malade de l’Europe. Les économistes évaluent sa perte de compétitivité. Les essayistes dissertent sur son déclin. Les diplomates et les soldats se plaignent en silence de son déclassement stratégique. Les psychologues s’alarment de son pessimisme. Les sondeurs mesurent son désespoir. Les belles âmes dénoncent son repli sur soi. Les jeunes diplômés s’exilent. Les étrangers les plus francophiles s’inquiètent de la dégradation de son école, de sa culture, de sa langue, de ses paysages, de sa cuisine même. La France fait peur ; la France se fait peur. La France est de moins en moins aimable ; la France ne s’aime plus. La douce France vire à la France amère ; malheureux comme Dieu en France ?  Les Français ne reconnaissent plus la France. (…) Tout est en carton-pâte. Tout est factice. Tout est retourné, renversé, subverti. (…) Nous ne savons plus où nous allons, car nous ne savons plus d’où nous venons. On nous a appris à aimer ce que nous détestions et à détester ce que nous aimions. »

Pour Zemmour, l’origine de tous nos maux, c’est mai 1968 : « Le triptyque soixante-huitard : Dérision, Déconstruction, Destruction, sapa les fondements de toutes les structures traditionnelles : famille, nation, travail, Etat, école. L’univers mental de nos contemporains devint un champ de ruines. » Et le coruscant essayiste de relater en détails « l’histoire d’une dépossession absolue, d’une désintégration inouïe, d’une dissolution dans les “eaux glacées” de l’individualisme et de la haine de soi ».
La destruction de la famille traditionnelle
Avec courage et grand talent, le journaliste rappelle les différentes étapes de la destruction de la famille depuis la loi Neuwirth (1967) jusqu’au pseudo-mariage homosexuel (2013) en passant par la suppression de l’autorité paternelle au profit de l’autorité parentale (1970), par l’égalité des droits à l’héritage pour les enfants légitimes et adultérins (1972), par la  légalisation de l’avortement (1975), par la dépénalisation des relations homosexuelles concernant des mineurs (1982), par le pacte civil de solidarité (1999), par le délit dit d’“homophobie” (2004), par l’alignement du Pacs sur le mariage civil en matière fiscale, successorale et patrimoniale et par les projets actuels de PMA et de GPA pour les invertis auxquels a été concédé l’année dernière le droit de “se marier”. A cet égard, Zemmour rappelle fort opportunément que la parodie de mariage entre Coluche et Le Luron en 1985 et qui précéda de quelques mois leur mort tragique est annonciatrice du mariage inverti d’aujourd’hui : « Avec une grande prescience, nos deux comiques annonçaient l’ère parodique et, trente ans plus tard, la législation autorisant le mariage homosexuel, qui en fut la plus magnifique illustration. Un mariage homosexuel ne peut être qu’une simulation parodique, puisqu’il faut quand même un homme et une femme pour fabriquer un enfant et fonder cette famille, principal objectif du mariage. » Et Zemmour de dénoncer le tyrannique pouvoir gay qui a « la volonté totalitaire mal dissimulée de nous transformer en androgyne, en neutre, ni homme ni femme». Non seulement, dans ce schéma, l’individu peut choisir à tout moment son orientation sexuelle mais plus encore son identité sexuelle dont il peut sans cesse changer. L’individu peut s’inventer chaque jour. Peut-on aller plus loin dans la perte des repères, de l’identité, des certitudes ?
La nation détruite par l’Europe de Bruxelles, la mondialisation et l’immigration
Lucide sur la destruction de la famille, Zemmour l’est tout autant sur l’immmigrationnisme, le multiculturalisme et l’idéologie du métissage obligatoire. Dans son chapitre consacré à Sos-Racisme, il explique que « c’est à l’Elysée, en grand secret, que l’association a été forgée (en 1984). Les conseillers politiques et les communicants présidentiels sont à l’œuvre ; et Mitterrand à la manœuvre. (…) Sos-Racisme est la réponse mitterrandienne aux événements de l’année précédente : virage économique libéral au nom de l’Europe, percée électorale du Front national, sans oublier le succès de la marche des Beurs. » Zemmour rappelle que les parrains de Sos-Racisme sont les juifs Bernard-Henri Lévy et Marek Halter, que « l’extrême gauche juive, des mouvements trotskistes à l’UEJF, est aux manettes ». Le talentueux polémiste remarque que la main jaune de Sos-Racisme «rappelle à la fois l’étoile jaune que les Juifs devaient porter en zone occupée et la main de Fatima, porte-bonheur islamique ; elle marque cette continuité inlassablement répétée entre les persécutions des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale et l’hostilité xénophobe aux Maghrébins dans les années 1970 et 1980. Souvenirs de l’Occupation et ratonnades sont mêlés dans une grande confusion historique et intellectuelle, mais avec une redoutable efficacité propagandiste ». Zemmour rapporte, comme nous l’avons souvent fait à RIVAROL, qu’à la une du premier numéro du journal Globe, mensuel de gauche antiraciste et juif d’obédience mitterrandienne fondé en novembre 1985 par Georges-Marc Benamou, aidé financièrement par Pierre Bergé et Bernard-Henri Lévy, on pouvait lire en guise de profession de foi : « Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref franchouillard ou cocardier, nous est étranger voire odieux. »
Détruite par l’immigration de masse extra-européenne, la France l’est également par l’Europe de Bruxelles, cheval de Troie de la mondialisation. L’auteur montre bien que Maastricht fut la fin de l’indépendance et de la souveraineté française, qu’une nation sans frontières, sans monnaie, prenant ses ordres à l’étranger et dont 80 % des lois et des règlements émanent de directives de la commission de Bruxelles et de son idéologie ultra-libérale et atlantiste est une nation condamnée à mort. 
Le « rôle puissant et nocif du lobby juif »
Très politiquement incorrect, Zemmour n’hésite pas à mettre en cause le « rôle puissant et nocif du lobby juif » pour reprendre la fameuse expression de François Mitterrand avant de quitter définitivement l’Elysée, le 17 mai 1995, et qu’il avait prononcée devant le très conformiste académicien Jean d’Ormesson. Le journaliste condamne ainsi l’attitude de Serge Klarsfeld qui a « remué ciel et terre, Juifs français et américains, pressions nationales et internationales, pour faire plier (le président de la République et faire condamner la France.) Mitterrand n’avait jamais cédé ; Chirac n’aura jamais résisté. Klarsfeld triomphait. C’était le combat de sa vie. » L’auteur est très sévère sur les conséquences de cette scandaleuse auto-flagellation : « Après la longue résistance mitterrandienne, cette expiation française serait vécue par certains comme la preuve aveuglante de l’écrasante et impudente domination juive, capable de soumettre le chef de la “cinquième puissance du monde”. Depuis de nombreuses années, la lente érection de la “Shoah” comme crime des crimes, et des Juifs comme victime absolue, avait déjà beaucoup agacé les survivants et héritiers d’autres massacres de l'histoire.»
Zemmour affirme explicitement que ce sont les Juifs qui ont interdit de télévision et de tous les grands media audiovisuels  Dieudonné dont il reconnaît « la talentueuse truculence désacralisatrice »: «Les institutions juives se récrièrent, ripostèrent, obtinrent sa condamnation en justice, chassèrent le comique de la télévision, des radios, parvinrent même à lui fermer les salles de spectacle. Dieudonné et ses admirateurs, de plus en plus nombreux, furent convaincus de la puissance irrésistible et sectaire de la “Communauté” d’autant plus redoutable qu’on n’avait pas le droit — tel le Dieu de l’Ancien Testament — de prononcer son nom.»
Le CRIF, lobby juif et israélien à l’américaine
Eric Zemmour se montre également à juste titre très sévère sur le CRIF. « Au fil des années, le dîner annuel du CRIF devint un moment phare de la vie politique, médiatique, mondaine. Les ministres, les chefs de l’opposition, des ambassadeurs européens et même de pays arabes, les vedettes du show-biz et du journalisme, jusqu’au président de la République, à partir de l’élection de Nicolas Sarkozy, s’y précipitèrent. Le dîner du CRIF serait l’endroit où il faut être. Un modèle. Ou un anti-modèle. On s’y rencontrait, s’y congratulait, s’y félicitait. On faisait de grands discours. On condamnait l’antisémitisme. On y défendait vigoureusement Israël. On y mettait à l’index les ennemis de la démocratie, les “antisémites” (Front national) et les “antisionistes” (verts et communistes), dans le même sac d’opprobre. Certaines années, le dîner du CRIF prit des allures de tribunal suprême où était jugée et condamnée la « politique arabe de la France ». (…) Au nom du “dialogue républicain”, des représentants des “Juifs de France”  interpellaient et tançaient le gouvernement de la République française sur sa politique étrangère ; et sommaient les responsables politiques de leur pays d’ostraciser des partis de l’espace démocratique français ! (…) Des représentants officiels du judaïsme français se transformaient en ambassadeurs de l’Etat d’Israël ; et jouaient au lobby juif américain du pauvre. » Dans le même chapitre consacré au CRIF, Zemmour écrit : « Le sionisme fut l’Etat-nation à la française mais pour les juifs. Le communisme fut une religion juive de substitution, un christianisme universaliste sans Dieu. » Quant à Vichy, il reconnaît qu’il a sauvé 95 % des Juifs français, ce qui lui a valu des attaques très violentes à la télévision, même si Zemmour reconnaît (par prudence ?) la réalité du génocide juif. Enfin il critique l’icône Lanzmann : « En cette même année 1985, Claude Lanzmann imposait par le cinéma le mot shoah qui remplaçait “holocauste” ; un mot hébreu à la place d’un vocable français, pour mieux enraciner le caractère à la fois unique et juif du génocide qui devint un élément central — parfois obsessionnel — de la psyché juive, faisant des Juifs français une caste d’intouchables, et du génocide la nouvelle religion obligatoire d’un pays déchristianisé. »
« Les dirigeants du judaïsme français s’assumèrent de plus en plus comme un lobby à l’américaine, faisant pression sur les pouvoirs publics par leurs revendications communautaires. Les “dialogues républicains” se multiplièrent, de plus en plus tendus, deplus en plus exigeants, donnant l’image d’une “communauté juive” soudée derrière un Etat étranger, faisant bloc pour défendre ses intérêts, et suffisamment puissante pour faire céder l’Etat. » On ne saurait mieux dire.
La vérité rend libre !
On pourrait certes émettre quelques objections contre certaines analyses inabouties de Zemmour. Selon nous le déclin de la France est bien antérieur aux quarante dernières années, le gaullo-bonapartisme qu’il affiche nous paraît, à bien des égards, discutable, le rôle de la franc-maçonnerie et de certains éléments juifs dans ce qui s’apparente davantage à un génocide programmé qu’à un suicide eût pu être mis davantage en évidence, tout comme le rôle dévastateur de Vatican II dans la déchristianisation du pays et dans la perte de tous ses repères spirituels, moraux et familiaux. Reste qu’il s’agit dans l’ensemble d’un bel et bon livre qu’il faut lire et méditer, même si les lecteurs de RIVAROL n’y apprendront pas grand-chose tant il correspond à ce que nous répétons in deserto depuis des décennies. Mais au moins le juif sincèrement patriote Zemmour a-t-il, lui, le droit de dire beaucoup de vérités devant des millions de téléspectateurs. Même s’il est bien tard pour dresser tous ces constats de faillite, il est toujours bon que la vérité soit dite, quels qu’en soient l’origine et le canal de diffusion, car c’est bien connu, seule la vérité rend libre.
Jérôme BOURBON.
Eric Zemmour, Le suicide français, 534 pages, Albin Michel, 22,90

[Jérôme Bourbon - Rivarol] L’effrayante trahison des intrus du Vatican

SOURCE - Jérôme Bourbon - Rivarol - 23 octobre 2014

Contrairement à ce qu’espéraient les éternels optimistes, la fin du “synode” n’a pas substantiellement modifié ce qui avait été annoncé à mi-parcours le 13 octobre. Les atteintes sans précédent à la morale catholique ont été votées à la majorité absolue : 118 votes pour et 62 contre concernant l’homosexualité, 104 pour et 74 contre, et 112 pour et 64 contre en ce qui concerne les deux paragraphes en faveur des divorcés remariés. Malgré ces votes largement favorables, les deux tiers des voix nécessaires à leur adoption n’ont pas été réunies ce qui n’a pas empêché Bergoglio de donner l’ordre de publier ces paragraphes. Nul doute que le “synode” qui doit se conclure en 2015 parachèvera cette évolution et la gravera dans le marbre. Déjà on s’achemine dans les faits vers la multiplication des bénédictions de paires homosexuelles : dans La Croix du 21 octobre, le “père” Antoine Guggenheim, ancien directeur du Pôle de recherche du Collège des Bernardins, explique qu’«une bénédiction (des “couples” de même sexe) pourrait être envisageable». 
Et Guggenheim d’ajouter : «Il faut s’affranchir du contexte français de la loi sur le “mariage pour tous” pour se situer dans une théologie de la rencontre et de l’écoute. 
L’importance, de plus en plus grande, accordée à l’homosexualité dans la société et dans l’Église n’est pas simplement la marque d’une idéologie. Elle est aussi révélatrice du travail de l’Évangile dans les cœurs. Jusqu’ici, la tradition biblique et patristique considère l’homosexualité comme une dérive personnelle et un refus de la loi de Dieu.
Mais lorsqu’on écoute les personnes chrétiennes qui se disent homosexuelles, on s’aperçoit qu’il n’est pas dans leur intention de nier la différence entre hommes et femmes, différence qu’elles considèrent comme positive et nécessaire à l’humanité. Puisque ces personnes homosexuelles souhaitent rester chrétiennes, tout en vivant un amour humain authentique étant donné ce qu’elles sont, il est possible d’esquisser une vision chrétienne de l’homosexualité, en opposition à une vision païenne cherchant à gommer la différence entre les sexes — idéologie que l’Église réprouve. Ainsi, la reconnaissance d’un amour fidèle et durable entre deux personnes homosexuelles, quel que soit leur degré de chasteté, me semble une hypothèse à étudier. Elle pourrait prendre la forme que l’Église donne habituellement à sa prière : une bénédiction. Toute personne, quel que soit son état de vie, a en effet besoin d’une bénédiction de Dieu et de l’Église pour faire le bien. On ne peut jamais refuser une bénédiction à qui la demande.» 
Sans commentaire !

D'évidence ce “synode” est un coup de poignard dans le dos de tous ceux qui se sont manifestés contre le mariage inverti. Une fois de plus, les baptisés sont trahis par ceux qui se présentent (frauduleusement) comme leurs chefs. Or il ne fait aucun doute que cette légitimation de l’homosexualité et que cette négation pratique de l’indissolubilité du mariage ne peuvent qu’accélérer la déchristianisation. Les données recueillies par La Croix font ainsi apparaître une baisse générale du nombre de baptisés en France. En 2000, pour la première fois, la moitié d’une classe d’âge était baptisée, 46 % en 2004, et seulement 32 % en 2013 tandis que plus de 57 % des enfants naissent aujourd’hui hors mariage (chiffres de 2013). Trois diocèses de région parisienne apparaissent parmi les territoires où le rapport entre le nombre de baptêmes d’enfants de moins de 7 ans et celui des naissances est le plus faible : moins de 10 % à Saint-Denis (ce qui est logique vu le nombre d’immigrés mahométans dans le 9-3), 15,7 % à Créteil et 17 % à Pontoise. Le quotidien prétendument catholique indique également une très forte diminution du clergé (conciliaire) dans les dix ans à venir. Au total, le nombre de prêtres français (et dans cet ensemble sont comptabilisés ceux dont l’ordination est faite dans le nouveau rite dont la validité est plus que douteuse) passera de 5 806 aujourd’hui à 4 257 en 2024, en comptant les 664 séminaristes actuellement formés dans les diocèses français, soit une diminution d’environ 25 % en dix ans.

La France est devenue un désert spirituel mais à qui la faute ? Sinon à Vatican II qui a tout mis sens dessus dessous et a détruit la foi qui était enracinée dans notre pays depuis près de deux mille ans. Il est finalement logique que Paul VI ait été béatifié par Bergoglio le 19 octobre en clôture de cet abominable “synode” sur la famille. Car avec son prédécesseur Roncalli “canonisé” le 27 avril dernier, Montini est l’occupant (illégitime) du siège de Pierre qui est à l’origine de ce conciliabule satanique. Dans son discours de clôture de Vatican II, Paul VI osait ainsi s’exclamer : « L’humanisme laïque et profane enfin est apparu dans sa terrible stature et a, en un certain sens, défié le Concile. La religion du Dieu qui s’est fait homme s’est rencontrée avec la religion (car c’en est une) de l’homme qui se fait Dieu. Qu’est-il arrivé ? Un choc, une lutte, un anathème ? Cela pouvait arriver ; mais cela n’a pas eu lieu. La vieille histoire du bon Samaritain a été le modèle et la règle de la spiritualité du Concile. Une sympathie sans bornes pour les hommes l’a envahi tout entier. La découverte des besoins humains (et ils sont d’autant plus grands que le fils de la terre se fait plus grand) a absorbé l’attention de notre Synode. Reconnaissez-lui au moins ce mérite, vous, humanistes modernes, qui renoncez à la transcendance des choses suprêmes, et sachez reconnaître notre nouvel humanisme : nous aussi, nous plus que quiconque, nous avons le culte de l’homme. » Le culte de l’homme s’est enfin substitué au culte de Dieu et les conséquences cataclysmiques n’ont pas manqué. Depuis 1960 environ les vannes sont ouvertes et toutes les structures traditionnelles ont été détruites, anéanties, parodiées, neutralisées tandis que les suicides et les dépressions explosent et que les familles sont décomposées, ayant perdu leurs repères, leur identité, leurs certitudes. 

A n’en pas douter nous vivons des temps antéchristiques et eschatologiques. Si un ancien ayant vécu au début du XXe siècle revenait aujourd’hui, il serait effaré de voir ce qu’est devenue la France : la vomitive Gay Pride est officiellement subventionnée par la mairie de Paris et par l’Etat comme événement culturel et festif ; l’on donne des fiscalités sur le plan fiscal, successoral et patrimonial à des invertis alors que l’on réduit sans cesse les droits des familles traditionnelles, on favorise par tous les moyens une invasion d’une ampleur sans précédent dans notre pays si bien que notre peuple est submergé et en voie d’être remplacé, on promeut systématiquement dans les arts, dans la culture et sur les écrans ce qui est laid, vulgaire, difforme, déshonnête, on souille l’enfance et la jeunesse par tous les moyens, on nous explique que nous ne sommes ni hommes ni femmes et que notre identité sexuelle est en perpétuel devenir, que l’on peut s’inventer et se transformer chaque jour, que nos aïeux furent d’immondes crapules qui ont collaboré, colonisé et esclavagisé, que l’ancienne France était rance et arriérée et qu’au fond elle mérite de mourir et d’être désormais peuplée et dirigée par des gens venus d’ailleurs. Nous ne pouvons que nous opposer de tout notre cœur, de toutes nos forces, de toute notre âme à cette évolution cauchemardesque. Et continuer à espérer contre l’espérance même. En gardant les pieds sur terre et les yeux levés au Ciel.

Editorial de Jérôme Bourbon de RIVAROL daté du jeudi 23 octobre 2014.

[François-Xavier Peron / Catherine Robinson - Présent] Synode sur la famille : David contre Goliath

SOURCE - François-Xavier Peron / Catherine Robinson - Présent - 21 octobre 2014

Entretien avec François-Xavier Peron
Synode sur la famille : David contre Goliath
Le Synode sur la famille qui s’est tenu au Vatican pendant deux semaines laisse un goût amer aux catholiques. Incertitudes, provocations, errements… Qu’y comprendre ? François-Xavier Peron, de Civitas, livre quelques-unes de ses analyses.
– Ce samedi, le pape François a dévoilé la « relatio sinodi », une synthèse susceptible d’apaiser les tumultes liés à la remise en cause des fondements les plus élémentaires de la définition de la Famille. Pouvez-vous exprimer votre ressenti ?
– Quel est le rôle du Pape ? Trouver des compromis et faire des synthèses ou bien confirmer ses frères dans le Foi quoi qu’il advienne, y compris le martyre ? Est-ce la vérité qui prime ou le consensus ? De plus, depuis quand un synode se permet-il de changer la doctrine ? Depuis quand le Pape lui-même peut-il modifier la Loi naturelle ? Hélas, tout ceci montre bien que le référentiel des hommes d’Eglise n’est plus Dieu mais l’Homme : cette religion nouvelle est anthropocentrique. Ceci n’est pas nouveau, ce fut la volonté du concile Vatican II il y a 50 ans, exposée dans des termes sans équivoques par Paul VI lors de son discours de clôture : « L’humanisme laïque et profane enfin est apparu dans sa terrible stature et a, en un certain sens, défié le Concile. La religion du Dieu qui s’est fait homme s’est rencontrée avec la religion (car c’en est une) de l’homme qui se fait Dieu. Qu’est-il arrivé ? Un choc, une lutte, un anathème ? Cela pouvait arriver ; mais cela n’a pas eu lieu. La vieille histoire du bon Samaritain a été le modèle et la règle de la spiritualité du Concile. Une sympathie sans bornes pour les hommes l’a envahi tout entier. La découverte des besoins humains (et ils sont d’autant plus grands que le fils de la terre se fait plus grand) a absorbé l’attention de notre Synode. » C’est d’ailleurs sur la base des grands principes erronés du concile Vatican II que le cardinal Kasper, proche ami du Pape, a défendu ce changement de doctrine : « Je comparerais cette union à la manière dont l’Eglise catholique considère les autres Eglises. L’Eglise catholique est la véritable Eglise du Christ, mais il y a d’autres Eglises qui possèdent des éléments de la véritable Eglise, et nous reconnaissons ces éléments. De la même manière, nous pouvons dire que le vrai mariage est le mariage sacramentel ; le second n’est pas un mariage au même titre, mais il possède des éléments de celui-ci : les partenaires prennent soin l’un de l’autre, ils sont liés exclusivement l’un à un autre, il existe l’intention de demeurer dans ce lien, ils prennent soin des enfants, mènent une vie de prière, et ainsi de suite. Ce n’est pas la meilleure situation, c’est la moins mauvaise. » On remarquera aussi la sémantique choisie : le terme « partenaire » permet d’élargir la question – et donc d’y répondre favorablement – aux homosexuels.
– Que dire du Synode qui s’achève ce dimanche 19 octobre ?
– Il est une catastrophe sans être pour autant une surprise. Il convient tout d’abord de rappeler qu’il n’est pas terminé car il ne se conclura qu’en 2015 selon la volonté du pape François. Sauf miracle, il entérinera de façon définitive les atteintes à la morale catholique qui ont été votées à 118 pour et 62 contre concernant l’homosexualité, à 104 pour et 74 contre, et 112 pour et 64 contre en ce qui concerne les deux paragraphes en faveur des divorcés remariés. En effet, malgré ces votes largement favorables, les deux tiers des voix n’ont pas été réunis sur ces textes qui ont tout de même été publiés sur l’ordre exprès du Pape. C’est la raison pour laquelle les médias ont titré « l’échec » des progressistes, ce qui est faux au vu ce que nous venons de dire. Disons que la victoire pour eux n’est pas complète, il faudra attendre le second tour de 2015 ! Cette majorité absolue aux deux tiers qui avalisera l’abomination sera alors obtenue sans problème. Ce synode est à mon avis le 3e événement le plus important dans la crise de l’Eglise, et sans doute la conclusion ultime. Le premier fut le concile Vatican II qui mit l’Homme au centre et posa donc des principes mauvais. La réunion interreligieuse d’Assise en fut l’application ultime au niveau de la Foi. Ce synode en est quant à lui le développement au niveau des mœurs. Conclusion ultime parce que le coup porté par ce synode concerne la Loi naturelle. En voulant porter un regard positif sur l’homosexualité, ce synode détruit le prérequis naturel à la grâce. Saint Thomas dit que la grâce suppose la nature, en d’autres termes, la grâce ne peut agir que sur une nature apte à la recevoir. Par exemple, un menuisier ne pourra travailler que sur un bois sain. Éventuellement si celui-ci a subi quelques attaques de vers, des traitements et des enduits permettront de limiter ou de réparer des dommages. Mais si le bois s’avère entièrement rongé et s’effrite au moindre toucher, alors le menuisier ne pourra rien faire et tous les traitements n’y changeront rien. Il en va de même avec la grâce. En avalisant le comportement homosexuel, le synode a porté un coup non seulement à la morale, mais à l’ordre purement naturel. C’est d’une gravité extrême. Ce synode devra être condamné.

On a beaucoup parlé de l’accès à la communion des divorcés remariés. Cette question est pourtant assez simple, c’est celle de l’état de grâce. Un tel état de vie n’est pas conforme à la volonté de Dieu, il coupe de l’amitié de Dieu, c’est ce qu’on appelle le péché mortel ou péché grave. C’est le sacrement de pénitence qui permet de retrouver l’état de grâce et donc de redonner l’accès notamment à la communion, ce qui nécessite le repentir sincère, et donc, le fait de changer pour se conformer à la volonté divine. Voilà la doctrine de toujours de l’Eglise. Une telle doctrine pose les choses par rapport à Dieu. Le synode n’aborde jamais la question du péché, car il ne met jamais en perspective ces choses par rapport à la volonté de Dieu. Le synode ne parle qu’une seule fois du péché pour dire qu’il ne faut plus en parler ! Tout est basé sur de vagues et indéfinis « sentiments » de « respect » visant à promouvoir une « pastorale de miséricorde et non de répression » afin de ne pas « opposer la loi et percevoir comment aider la personne à ne pas trahir sa propre vérité »… Ce n’est pas le langage de l’Eglise, qui lui est en tout point contraire, que ce soit dans le fond ou dans la forme. Il s’agit là paradoxalement d’une grande leçon de vérité : on ne peut accommoder l’erreur et la vérité, mélanger le poison et la nourriture saine. De même que le poison tue, l’erreur détruit. Ce concile Vatican II dont nous subissons les ultimes conséquences est ce poison, car il est porteur d’une vision et d’une doctrine qui n’est en réalité pas chrétienne car relativiste en tout point : c’est ce qu’on a appelé avec pudeur l’aspect « pastoral » ! C’est l’occasion de rappeler que ce concile n’est pas acceptable, même à la marge. On ne joue pas avec la Vérité, avec la Foi. N’essayons pas de jouer aux plus malins avec l’erreur, n’essayons pas de trouver des formules d’accord pour concilier ce concile avec la Tradition. La vérité et l’erreur s’excluent. Retrouvons le chemin de la clarté si nous voulons que cette crise cesse!
– Dans un de ses communiqués, Civitas évoque le « travail d’infiltration de l’Eglise catholique par les réseaux financés par les puissantes Gill Foundation, Ford Foundation, Soros Foundation, Arcus Foundation, créées par les milliardaires Tim Gill (homosexuel notoire), Georges Soros et Jon Stryker (homosexuel notoire), ainsi que les Evelyn & Walter Hass Jr Fund et E. Rhodes & Leona B. Carpenter Fund ». « Une myriade d’associations, écrivez-vous, (qui) bénéficient de la générosité de ces fondations afin d’œuvrer à inverser l’enseignement moral de l’Eglise. » Face à cette immense volonté mondialiste, notre Manif pour Tous nous semble bien dérisoire…
– David a tué Goliath avec une petite pierre. Cette pierre, aussi petite soit-elle, a tué le géant parce que c’était une pierre. Si Davis avait lancé une courgette le résultat n’aurait sans doute pas été le même. La Foi est solide comme un roc, elle est cette pierre qui abattra le géant. Les courgettes et les tomates du compromis n’auront aucun effet si ce n’est de leurrer ceux qui perdront leurs forces à les lancer. Là aussi il ne faut pas évacuer Dieu et au contraire se battre avec l’humble conviction que seuls nous ne pouvons rien mais qu’avec Lui et par Lui nous sommes capables de tout ! Notre sainte Jeanne d’Arc est une incarnation merveilleuse de ce principe !

La Manif pour Tous s’est voulue aconfessionnelle, elle a chassé de ses rangs toute référence catholique : elle est vouée à l’échec n’ayant plus les moyens de son combat. Sa récupération politique par l’UMP, à laquelle elle donne si complaisamment la parole, montre à quel point elle est déjà phagocytée idéologiquement. Comme le rappelle le communiqué de Civitas : « Le camouflet se fait encore plus cinglant lorsque l’UMP nomme Alain Milon, pro-loi Taubira et pro-GPA, à la tête de la commission des Affaires sociales du Sénat, et Bernard Saugey, président d’honneur de la Fraternelle parlementaire (l’association des sénateurs francs-maçons) à la questure du Sénat. »

Le combat qui se déroule n’est pas militaire ou politique, il est hautement eschatologique. C’est la pierre qui tuera le géant.
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Propos recueillis par Catherine Robinson