TradiNews

Actualité(s) du Traditionalisme Catholique

27 mai 2016

[Abbé Alain Lorans, fsspx - DICI] Amoris lætitia sur le terrain

SOURCE - Abbé Alain Lorans, fsspx - DICI - 27 mai 2016
Dans le bulletin de la paroisse Sainte-Anne de Chicoutimi, au Canada, on pouvait voir, en avril dernier, les effets concrets de l’Exhortation post-synodale Amoris lætitia. La Fête de la Fidélité qui célébrait jusqu’à présent les noces d’argent et les noces d’or des couples de cette paroisse du Québec, naguère catholique, était remplacée par une « Fête de l’Amour », ainsi annoncée : « Nous voulons maintenant accueillir tout couple qui désire célébrer son amour et renouveler son engagement à deux quel que soit son type d’engagement (mariage catholique, mariage civil ou conjoints de fait ou de même sexe) et quel que soit le nombre d’années (1 an, 8 ans, 25 ans, 57 ans, 62 ans…). Nous considérons que tout engagement de couple est important. »

Soyons clairs : ce n’est pas là une fête de l’amour, mais bien plutôt la célébration égalitaire du mariage sacramentel, du concubinage légal, de l’union libre et de la cohabitation homosexuelle. Tous les couples étant mis sur un même plan, tous ayant prétendument la même valeur exemplaire.

Ce n’est pas là une fête de l’amour, c’est l’amour de la fête en elle-même et pour elle-même, vidée de tout contenu objectif. Seul compte l’engagement personnel, le sentiment subjectif, la sincérité affranchie de la vérité évangélique sur le mariage.

C’est ainsi qu’est vécue concrètement, sur le terrain, l’Exhortation post-synodale Amoris lætitia. Non pas la Joie de l’Amour, mais l’amour de la joie, affranchie de la vérité évangélique sur le mariage. Triste joie.

Abbé Alain Lorans

26 mai 2016

[Paix Liturgique] L'extraordinaire attrait du mystère

SOURCE - Paix Liturgique - Lettre n°543 - 25 mai 2016
Au lendemain du concile Vatican II, de nombreux artistes, catholiques ou non – d’Agatha Christie à Étienne Gilson et de Yehudi Menuhin à Jorge Luis Borges –, ont exprimé publiquement leur attachement à la liturgie traditionnelle de l’Église en raison de l’inégalable patrimoine culturel et spirituel que celle-ci représente. En 2016, un journaliste féru de musique du très peu catholique quotidien espagnol El País, vient de publier un témoignage similaire à la suite d’une expérience liturgique qu’il vient de faire en ce dimanche de Pentecôte 2016 dans une église de Salzbourg. Voici ce témoignage, suivi de nos commentaires.

I - LE MYSTÈRE DU LATIN
Article de Rubén Amón pour El País, 16 mai 2016

Les cloches ont sonné et je suis allé à la messe hier [en l’église Saint-Sébastien de Salzbourg, où officie la Fraternité Saint-Pierre, NDLR]. J’ai assisté à la liturgie de 9h30 non pas par foi ou par habitude, ni même pour implorer la guérison de mes maux de gorge, mais parce que le rite s’annonçait comme un événement culturel.

Et ce fut le cas. Non pas en raison de l’éducation musicale des habitants de Salzbourg ou de la compétence de l’organiste. Pas plus pour la sensibilité de la chorale amateur ou pour la voix de ténor héroïque de l’interprète du Pater [sans doute le Credo ou le Sanctus, NDLR]. Mais parce qu’il s’agissait d’un rite en latin, célébré dos au peuple et selon les critères préconciliaires.

La liturgie conditionne l’ordre spirituel. La langue morte y acquiert l’élan de la résurrection. Et rend ridicules les raisons pratiques avancées en Espagne pour justifier la suppression du latin et du grec des programmes pédagogiques. Je ne conteste pas l’utilité du chinois. Je regrette seulement la dilapidation de notre patrimoine culturel.

Il est dommageable que l’on ait touché à la résonance métaphysique du latin et que la liturgie ait été profanée au nom des contingences paroissiales. On s’est d’autant plus éloigné du mystère qu’on a voulu s’approcher de la célébration. On a dépouillé la messe de sa projection transcendantale, de son essence mystérieuse, sans parler de la dégénérescence du patrimoine musical ecclésiastique, jusqu’à corrompre la foi des cœurs les mieux disposés.

Je parle du point de vue d’un agnostique qui, n’ayant pas de convictions profondes, accepte la foi comme un placebo au nom de l’esthétique. Thomas Mann l’a écrit dans La mort à Venise : « La Beauté – écrit avec une majuscule – est le chemin qui porte l’homme sensible vers l’esprit. »

Il ne s’agit pas de comprendre la messe mais de vivre le mystère. Et de profiter du courant des langues anciennes pour atteindre la terre promise comme le pape Ratzinger a voulu le prouver quand il a rétabli la messe tridentine. Ce que ses détracteurs ont mal compris. Ils pensaient que Benoît XVI voulait restaurer l’ancien régime mais ignoraient que l’opéra préféré du pape allemand est le Don Giovanni de Mozart.

II – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

1) Dans notre lettre 432, don Roberto Spataro, latiniste de l’université salésienne à Rome, nous précisait l’importance liturgique du latin : « une donnée quasi universelle de la phénoménologie des religions veut que celles-ci reposent sur l’usage d’une langue sacrée, différente de celle pratiquée dans la vie quotidienne pour mieux saisir que l’on n’est pas dans le registre "ordinaire" mais dans un autre monde, celui du sacré, du divin. Or le latin, en raison de certaines de ses caractéristiques propres, est particulièrement adapté à l’expression des res sacræ ». N’est-ce pas exactement ce qu’exprime le témoignage du journaliste espagnol ?

2) Imagine-t-on un chroniqueur de Libération s’émerveiller devant la dignité, la majesté et le mystère de la célébration de la messe dans sa forme extraordinaire ? Difficilement. C’est pourtant ce que fait Rubén Amón, journaliste du premier quotidien espagnol, longtemps porte-voix du PS local. Il est vrai que Rubén Amón est un esprit libre. Qui plus est, c’est un excellent aficionado a los toros, ce qui aujourd’hui, dans l’Espagne envahie par le football et les Macdo, est en train de devenir un marqueur de traditionalisme culturel. En tout cas, le fait est d’autant plus intéressant que l’Espagne connaît depuis quelques années un inquiétant renouveau anticatholique alimenté par les lobbies homosexuel et philo-musulman : campagne pour la cession de la cathédrale de Cordoue à l’islam, profanation de lieux de culte ou de dévotion populaire, promotion d’installations artistiques blasphématoires, etc.

3) Nous avons eu occasion de dire que les langues liturgiques utilisées aujourd’hui sont généralement des langues anciennes : pour la liturgie latine, le latin de saint Grégoire ; pour la liturgie byzantine, le grec patristique de saint Jean Chrysostome, ou le slavon ancien ; pour la liturgie arménienne, l’arménien classique, etc. Et cela est vrai aussi pour une partie des liturgies protestantes : allemand de Luther chez les Luthériens ; textes bibliques de la version anglaise du roi Jacques chez les Anglicans. Il faut d’ailleurs observer que la disparition de la langue religieuse de l’Église latine correspond à l’éclatement de la mémoire catéchétique. La liturgie de Bugnini qui a fait exploser l’unité de la latinité liturgique et parle toutes les langues modernes de la terre, fait penser à la punition dont Dieu a frappé les bâtisseurs de Babel, divisés par les langues.

4) Lors d’un des congrès Summorum Pontificum, celui tenu en 2011 à l’Université Angéliqu à Rome, Roberto De Mattei avait développé ce thème : la langue latine est vraiment constitutive de la liturgie romaine elle-même, en vertu d’une nécessité déterminée par l’histoire, de même que la Ville de Rome est devenue le Siège de Pierre et de ses successeurs. La disparition presque totale du latin dans le rite romain a participé du mouvement de profanation de la liturgie, au sens étymologique du terme : une entrée massive du profane moderne dans le culte divin, par lequel on a voulu mettre le sacré de plain-pied avec la vie de tous les jours, pétrie de modernité.

5) « Il ne s’agit pas de comprendre la messe mais de vivre le mystère » : Rubén Amón veut dire que, dans ce domaine du sacré, la « compréhension » dépasse infiniment celle des mots et que la distanciation – rituelle, linguistique, esthétique – permet de comprendre d'autant mieux… que l’on ne comprend rien ! Qui, en effet, comprend le mieux le mystère de la transsubstantiation ? Celui qui entend et voit le prêtre dire « ceci est mon Corps » face à lui, avant de toucher de ses mains l’hostie en communiant ou celui qui assiste à la consécration célébrée dans la langue sacrée sur un autel face à Dieu, au milieu des nuages d’encens et des sonneries de cloches, et qui recevra l’hostie à genoux et sur les lèvres ? Il nous faut méditer cette phrase simple, directe et lumineuse, d’un homme qui se décrit lui-même comme « agnostique ». Oui, la messe est avant tout ce mystère tremendum et fascinans dont on s’approche d’autant mieux qu’on accepte d’être incapable de le comprendre comme l'expliquait fort bien le romancier allemand, Martin Mosebach, dans son livre La liturgie et son ennemie, l'hérésie de l'informe (éditions Hora Decima, 2005).

[Mgr Thomas d’Aquin, osb] "Continuons!"

SOURCE - Mgr Thomas d’Aquin, osb - Sermon au pèlerinage du Puy - 15 mai 2016

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

Excellence, bien chers confrères, bien chers révérends, chers fidèles,

Notre-Seigneur a dit que ceux qui L’aiment garderont Sa parole. Qu’est-ce que c’est que la Tradition? Qu’est-ce que c’est que l’exemple de Mgr Lefebvre ? Sinon celui d’avoir gardé la parole de Notre-Seigneur, dans son enseignement et dans ses actes. Et c’est ça la Tradition. La Tradition, c’est garder, malgré toutes les difficultés, la parole de Notre-Seigneur. Et pour cela, il nous faut les dons du Saint-Esprit, les dons du Saint Esprit par lesquels nous pouvons comprendre ce grand évêque qui, nous en sommes persuadé, sera un jour mis sur les autels. Mgr Marcel Lefebvre nous a montré le chemin, défendre la Foi d’une manière intrépide, sans pareille dans des circonstances jamais vues dans l’histoire de l’Eglise. Pour cela, il lui a fallu un conseil supérieur. Certainement il a été mu par les dons du Saint-Esprit : le don de Conseil, le don de Force, tous les dons pour pouvoir accomplir ce qu’il a accompli.

Et qu’est-ce que nous voulons faire ? Nous voulons continuer de même ce que nous avons reçu de lui. Lui, tout ce qu’il a reçu, il l’a reçu de la Sainte Eglise, il l’a reçu des Papes qui ont condamné les erreurs modernes ; il l'a reçu, il l'a conservé, il l'a illustré, il l'a expliqué, il l'a approfondi. Et c’est ça que nous voulons continuer. Nous ne voulons pas autre chose. Être des fidèles disciples de Mgr Lefebvre, comme lui un fidèle disciple de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Un jour, au Barroux, je n’étais pas présent au parloir mais j’étais présent au monastère, il avait raconté une entrevue, une conversation qu’il avait eue avec le Cardinal Ratzinger (si je ne me trompe) et il a dit au Cardinal : "Pour vous, Notre-Seigneur Jésus-Christ est facultatif. Pour nous, non ! Pour nous, Notre-Seigneur Jésus-Christ est tout." Et en disant ça, les larmes ont coulé de ses yeux ; les moines ont été très émus, très édifiés. Pour lui, Notre-Seigneur est tout. Aujourd’hui, on veut donner seulement une partie; on veut Lui donner une place mesurée, une place restreinte. Et pour ça, nous disons non. Et aujourd’hui, ce qui se passe dans la Tradition, on veut régulariser la Tradition. La Tradition n’a pas besoin de régularisation : la Tradition est la règle. La Tradition ne se régularise pas. C’est pourquoi nous poursuivons sereinement, étant sûr que nous sommes dans la Vérité ; la Vérité parce que la Tradition, c’est la Vérité.

Et si un jour il y a un changement, ce sont eux qui sont à Rome qui viendront à nous et non pas nous qui irons à eux. Au mieux, ils viendront à la Foi que nous défendons, vers la Tradition que nous défendons. Comment cela se fera ? Je ne sais. C’est Dieu qui mène Son Eglise, Dieu qui conduit Son Eglise. Les solutions viendront d’elles-mêmes au moment où la Foi reviendra de nouveau à Rome. Et c’est pour ça que nous prions ; nous prions pour que la Foi revienne à Rome, la doctrine revienne à Rome. Il n’y a pas de solution à chercher en dehors de ce retour à la Foi catholique. Nous demandons à l’Esprit-Saint Ses dons pour pouvoir continuer dans la lignée de Mgr Lefebvre. Nous remercions de toute notre gratitude Mgr Williamson dont la devise est : « Fidelis inveniatur » « Qu’il soit trouvé fidèle. » Et bien, il a été fidèle. C’est grâce à lui que nous sommes ici, que nous sommes réunis ici. Grâce à Mgr Lefebvre, grâce aussi à Mgr Williamson. Remercions de tout notre cœur d’avoir été fidèle, de continuer fidèlement à transmettre ce qu’il a reçu. C’est ça aussi l’Eglise.

On voit cette transmission des apôtres, qui passe par Saint Pie V, par Mgr Lefebvre et arrive jusqu’à nous.

Il est dit aujourd’hui, au jour de la Pentecôte, quand les apôtres prêchent, lorsque Saint Pierre commence à prêcher, il convertit trois mille personnes, qui sont baptisées sur le champ, ça c’est l’Eglise catholique qui convertit toutes les nations. Un évêque français qui sauve la situation Eglise, un évêque anglais qui donne suite à cette opération de survie et maintenant qui continue. On continue. Je me rappelle : Mgr Lefebvre finissait souvent ses conférences, ses sermons : "On continue, on continue Jésus-Christ, on continue l’Eglise, on continue les sacrements, on continue les sources de salut." Ce que nous voulons, c’est seulement ça : le salut pour la gloire de Dieu. Nous voulons travailler pour la gloire de Dieu. Nous voulons le bien de ceux qui ne sont pas avec nous, nous prions pour eux, nous prions pour leur conversion, nous prions pour leur salut. Mais si nous refusons d’être avec eux, c’est parce que nous pensons qu’ils dévient, qu’ils se trompent en cherchant la régularisation qui va les mener à la ruine, à la ruine. A Campos, il y a une petite région avec des paysans qui au début étaient très contents des accords de Rome parce que on leur avait dit que ce n’était pas des accords, que c’était une reconnaissance : Rome reconnaissait la Tradition, ils étaient heureux. Mais avec le temps, ils ont vu que c’était pas ça. Les paysans qui n’avaient jamais quitté leur région, ne connaissaient même pas Mgr Lefebvre, dont le monde est assez restreint à la région où ils habitent. Ils ont eu du mal à comprendre la situation ; ils ont vu ensuite que ce n’était pas vrai, que Mgr Riffan déviait de la route, que cette soumission à Rome était en train d’entraîner des changements substantiels dans les conseils qu’ils recevaient au confessionnal, dans les conseils qu’ils recevaient sur la crise de l’Eglise. Alors ils ont commencé à devenir inquiets, ils sont venus nous chercher, ils nous ont demandé si nous pouvions faire le lien entre eux et la Fraternité Saint-Pie X pour qu’elle puisse les aider vers les années 2005 à peu près –je ne me souviens pas exactement- mais vers 2005. Et la Fraternité a commencé à les aider. Et puis sont venues ces années qui s’approchent de 2012. Alors, ils ont été troublés : le prêtre qui était là a commencé à parler que la régularisation ne serait pas un accord: un accord, c’est donnant-donnant et la Fraternité ne ferait pas ça. Simplement elle continuerait à recevoir de Rome des choses qui ne changeraient pas. Les fidèles ont alors dit : « Il parle de la même manière que Mgr Riffan ; il parle, il dit les mêmes arguments, il parle de la même manière ». Alors ces commentaires sont revenus à l’oreille des prêtres et le prêtre a appelé un des paysans qui s’appelle Gabriel, un homme très sensé, vrai paysan. Et il dit à Gabriel : « On dit que je parler comme Mgr Riffan ; qu’est-ce que c’est que ça ? C’est pas possible ; comment on peut dire une chose pareille.» Et le paysan, avec beaucoup de bon sens, lui a répondu : " Monsieur l’abbé, je ne connais pas , je ne sais pas quelles sont vos intentions. Mais que vos paroles sont les mêmes que Mgr Riffan disait à son époque, oui, ce sont les mêmes." Donc c’est ça le danger, on voit les mêmes arguments, on voit les mêmes paroles, on voit les mêmes procédés mèneront à la même ruine : la ruine de Campos . Aujourd'hui, à Campos, il y a les deux messes. Mgr Riffan dit les deux messes. Et pour Mgr Riffan , celui qui refuse systématiquement de dire la nouvelle messe a un esprit schismatique.

Et voilà comment on détruit une œuvre qui paraissait être indestructible. Et bien, parce qu’ils n’ont pas eu la piété filiale, piété filiale vis-à-vis de Mgr de Castro-Mayer. Ils l'ont perdu.

Ils ont cru que Mgr de Castro-Mayer était un évêque dépassé. Et bien, c’est Mgr Riffan qui est un évêque dépassé. Il faut garder la piété filiale, il faut garder ceux qui nous ont sauvés, ceux qui nous ont apporté le salut, ceux qui nous ont apporté la doctrine, qui ont donné la clé de la crise actuelle : c’est Mgr Lefebvre et Mgr de Castro-Mayer, Mgr Lefebvre plus que Mgr de Castro-Mayer ; Mgr Lefebvre avait une vision plus haute, plus complète mais il a été énormément aidé par Mgr de Castro-Mayer qu’il a aidé aussi énormément à se positionner mieux dans la crise actuelle. Mgr de Castro-Mayer a beaucoup reçu de Mgr Lefebvre ; c’était de vrais amis. L’amitié, c’est ça : donner à l'autre ce qu’on a de meilleur. Ils se sont ainsi aidé l’un et l’autre.

Et bien c’est ce que nous désirons, nous devons rester unis, les évêques unis et amis, unis dans la fidélité à ce que nous avons reçu de Mgr Lefebvre. « J’ai transmis ce que j’ai reçu » Et c’est notre programme aussi : transmettre ce que nous avons reçu.

« Veritatem dilexisti » : cette devise m’a été proposée par Mgr Williamson : « J’ai aimé la Vérité ». C’est le roi David qui dit ça à Dieu dans son psaume Miserere. Et bien, il a écouté la Vérité, Nathan lui a dit la Vérité et ainsi il s’est converti parce qu’il a écouté la Vérité. Et bien, les Papes ont condamné le monde moderne, ils ont dit la Vérité sur le monde moderne ; nous devons les écouter. Ils ont dit la Vérité sur le libéralisme, ils ont dit que le libéralisme est un péché, donc nous ne devons pas faire ça. Les Papes ont parlé comme Nathan. Et nous sommes nés dans ce monde libéral : il y a toujours quelque chose en nous qui est encore un peu… Nous sommes des fils d’Adam et Ève. Le baptême a effacé le péché originel ; les plaies, les cicatrices qu’il a causées dans notre intelligence, dans notre volonté, dans notre sensibilité sont toujours là. C’est pourquoi nous avons besoin de beaucoup prier, de demander à l’Esprit-Saint qu’Il achève cette œuvre qui a été commencée au baptême, qu’Il nous simplifie et qu’Il nous rende fidèles en tout ; qu’on écoute les Papes, les Papes qui ont condamné le libéralisme et les erreurs modernes, qu’on écoute l’Eglise, l’Eglise catholique, non pas l’église conciliaire. C’est un grand mystère qui se passe devant nous. Écoutons Mgr Lefebvre qui a bien compris, bien analysé, nous a donné la solution.

Continuons ! Et bien on continue avec la grâce de Dieu et l’intercession de la Vierge Marie. Ainsi soit-il.

24 mai 2016

[Edward Pentin - ncregister.com] Le Cardinal Müller attend de la FSSPX qu'elle reconnaisse les enseignements du Concile qu'elle conteste

SOURCE - Edward Pentin - ncregister.com - 24 mai 2016

Le Cardinal Gerhard Müller a déclaré qu'il attend de la Fraternité Saint-Pie X, qui s’est toujours opposée aux déclarations du Concile Vatican II sur la liberté religieuse et l'œcuménisme, qu’elle «reconnaisse sans réserve» la liberté de religion comme un droit humain, et une obligation d’oecuménisme.
                 
Dans une interview dans le numéro de Juin de la publication allemande Herder Korrespondenz, le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a dit que si l'on «veut être pleinement catholique, il faut reconnaître le Pape et le Concile Vatican II. »

Le Cardinal Müller a déclaré qu'il attend une reconnaissance de toutes les déclarations du Conseil qui traitent de ces questions, selon l'interview, dont rend compte ce 24 mai le site catholique autrichien Kathpress.

Ses commentaires viennent après les bruits selon lesquels la Fraternité Saint-Pie X, qui continue à s’opposer aux enseignements clés du Concile Vatican II concernant l'oecuménisme, la liberté de religion et les aspects de la réforme liturgique, pourrait être près d'être reconnue par le Saint-Siège.

En 1988, le fondateur de la Société, Mgr Marcel Lefebvre, a ordonné quatre évêques contre la volonté expresse du pape saint Jean-Paul II. Tous les cinq ont encouru l'excommunication automatique et, bien que Benoît XVI les ait levées en 2009, la société est restée dans une situation canoniquement irrégulière.

Auparavant, ce mois-ci, le supérieur général de la FSSPX, Mgr Bernard Fellay, a déclaré au Register que certains, à Rome, ont fait savoir à la Fraternité qu'il était maintenant possible de remettre en question les enseignements du Conseil sur ces questions «tout en restant catholiques.»

« Cela signifie également que les critères qu'ils nous imposeraient, pour que nous leur prouvions que nous sommes catholiques, ne seront plus ces points» a-t-il dit. «Pour nous, cela serait très important.» En outre, il a souligné que Rome avait deux approches différentes: «Nous devons distinguer la position du pape qui est une chose, de la position de la CDF», a déclaré Mgr Fellay, qui a également insisté que la FSSPX ne compromettrait pas sa position. «Ils n'ont pas la même approche mais ont la même conclusion, qui est de régler le problème en donnant la reconnaissance à la Société.»

Il a ajouté qu'il était «convaincu, au moins en partie, d’une approche différente» qui consiste à donner «moins d'importance au problème que nous considérons comme important, à savoir le Concile: c’est-à-dire de rendre le Concile moins obligatoire». Selon Mgr Fellay, le Pape voit la doctrine comme «un obstacle certain dans les rapports entre personnes», qui s’oppose à son souhait de voir «tout le monde sauvé», et il dénoue un nœud, «pour nous atteindre».

Mais le cardinal Müller, qui insiste nettement plus que le Saint-Père pour que la FSSPX adhère à l'enseignement du Concile, a déclaré au Herder Korrespondenz que l'on ne peut écarter le Concile comme «un simple bavardage pastoral», simplement parce qu’il n'a pas adopté de dogmes contraignants. 

Le préfet de la CDF a dit qu’aucun pape n'a jamais proclamé la résurrection du Christ comme un dogme ex cathedra [infaillible], et pourtant cela «relève du centre de la foi, c’en est le fondement». 

« Les déclarations clés, même si elles ne sont pas annoncés ex cathedra [infaillibles], sont cependant essentielles pour nous autres catholiques » a-t-il dit, ajoutant qu'il est «pas acceptable d’en prendre certaines en rejetant les autres»

Le Cardinal Müller a également déclaré dans l'interview qu’il n’y a pas besoin d’être fasciné par chaque homélie d'un évêque ou du pape. Seul doit être accepté le magistère, qui est une déclaration de foi, a souligné le cardinal, selon le compte-rendu de Kathpress.

«La liberté religieuse comme droit humain fondamental, et la liberté d’une religion [une conviction, NdT] véridique quant à la révélation surnaturelle en Jésus-Christ, doivent être reconnus sans réserve par tous les catholiques», a-t-il dit en référence aux déclarations du Concile sur ces sujets.

La reconnaissance du Concile Vatican II est un obstacle à surmonter qui n’est «pas excessivement élevé», a-t-il dit, ajoutant que c’était plutôt «le remède adéquat pour entrer en pleine communion avec le Pape et les évêques en communion avec lui». Le préfet de la CDF a en outre affirmé que la relation de François à la FSSPX ne diffère pas de celle du pape émérite Benoît XVI. « Il voit ce groupe et d’autres, similaires, comme catholiques, mais encore sur le chemin vers la pleine unité catholique ».
                       
Un peu avant, ce mois-ci, François a laissé entendre que la réconciliation pourrait être proche, en disant au quotidien catholique français La Croix le 16 mai que la FSSPX est «catholique, en chemin vers la pleine communion» et que «un bon dialogue et du bon travail ont lieu».
                     
Il a également reçu Mgr Fellay pour la première fois en audience privée le mois dernier, et a dit à La Croix que c’est « un homme avec qui on peut dialoguer ».

L'année dernière, le pape a fait sa première ouverture envers la Fraternité en annonçant que les confessions de la FSSPX seraient valides et licites pendant et après l'Année jubilaire de la Miséricorde. Jusque là, Rome les considérait comme canoniquement invalides parce qu'il leur manquait la juridiction nécessaire.

23 mai 2016

[Le Salon Beige] Pèlerinage traditionnel à Saint-Avold (Moselle)

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SOURCE - Le Salon Beige - 23 mai 2016
Le 21 mai 2016, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre de Saarlouis (Allemagne) a organisé le premier pèlerinage dans la forme traditionnelle de la liturgie de l'Eglise à Saint-Avold (Moselle).

Près de 200 pèlerins venus de France, d'Allemagne, du Luxembourg et de Pologne, ont fait le déplacement jusqu'à la seule basilique mineure dédiée à la Sainte-Vierge dans le diocèse de Metz, pour invoquer la protection de Notre-Dame et prier pour les Chrétiens persécutés, particulièrement au Moyen-Orient. Le recteur de la chapelle Saint-Pierre-Canisius, l'abbé André Hahn fssp, n'a pas caché sa joie :
« Quand nous avons commencé à organiser ce pèlerinage, je n'imaginais pas un tel succès. Il y a 50 ans, ce pèlerinage attirait des milliers de pèlerins chaque année. Je souhaite que ce pèlerinage traditionnel profite, non seulement à tous les Chrétiens qui connaissent la détresse et la persécution, mais aussi à ce lieu de grâces de Saint-Avold ».
En effet, cette première édition du pèlerinage traditionnel à Saint-Avold a accueilli plus de pèlerins que le pèlerinage principal, signe que la Tradition est bel et bien vivante et qu'elle continue d'attirer de nombreux fidèles. L'abbé Hahn a déjà annoncé qu'il souhaitait reconduire ce pèlerinage l'année prochaine, « de préférence en octobre », mois du Rosaire.
 
(merci à P.S.)