TradiNews

Actualité(s) du Traditionalisme Catholique

17 décembre 2014

[Abbé Bernard de Lacoste, fsspx - Le Saint Vincent] Se décourager dans la crise?

SOURCE - Abbé Bernard de Lacoste, fsspx - Le Saint Vincent (éditorial) - décembre 2014

La crise de l’Eglise se prolonge. Le synode sur la famille et la béatification de Paul VI ne peuvent guère nous rendre optimistes. Face au drame que nous vivons, un danger nous menace : la lassitude, qui peut conduire au découragement et finalement à l’abandon de la lutte. Le démon, fin psychologue, pousse les âmes des prêtres comme des fidèles à cette trahison progressive. D’autres plus forts que nous ont lâché. Et nous, tiendrons nous bon jusqu’au bout ? Celui qui persévèrera jusqu’à la fin sera sauvé, dit Notre-Seigneur. Alors courage ! Il faut ramer continuellement à contre-courant, alors que nos contemporains se laissent entraîner par le courant. Il faut résister dans notre intelligence à toutes les erreurs, dans notre volonté à toutes les immoralités, et cela demande une force peu commune. D’où la défaillance de plusieurs.

Au milieu de cette mystérieuse obscurité, une vérité reste certaine et lumineuse : Dieu reste le maître des événements. Le mal n’existe que dans la mesure où Dieu le permet. Les ennemis de l’Eglise tiennent du Créateur leur existence et leur pouvoir de nuire. Nous savons aussi que la sagesse divine ne permet le mal que pour un plus grand bien. Ceci étant rappelé, le mystère de la situation actuelle n’est pas levé. Les erreurs continuent de se répandre, la morale continue d’être ébranlée par ceux-là mêmes qui sont chargés par le Christ d’en rappeler les exigences.

Que conclure ? Que le pape n’est plus le pape ? Nullement. Qu’il faut se taire et accepter docilement ce que nous enseigne le pape François ? Nous aimerions avoir le droit d’adopter cette position. En temps normal, cette simple question aurait choqué, tant la réponse doit être évidente. Mais aujourd’hui, répondre positivement à cette interrogation est une trahison. Par fidélité à Notre-Seigneur et à la sainte Eglise romaine qu’il a fondée, nous avons le devoir de croire sans défaillance à tous les dogmes catholiques et de suivre sans compromission la morale catholique. Prêtres et pasteurs d’âmes, nous avons le devoir de prêcher la vérité à temps et à contretemps, surtout si cette vérité n’est plus enseignée à Rome. Chers fidèles, vous garderez le cap si votre piété est solide et si vous étudiez régulièrement la doctrine catholique. Les conférences mensuelles au prieuré ont pour but de vous y aider.

Et si notre prochain nous critique, nous méprise ou nous calomnie pour le combat que nous menons, alors que la sainte Vierge Marie nous aide à répondre à ces attaques non par le mépris, mais avec une profonde charité missionnaire.

Abbé Bernard de Lacoste +

[Abbé Brice Meissonnier, fssp - Communicantes] Une maternité de Grâce

SOURCE - Abbé Brice Meissonnier, fssp - Communicantes - décembre 2014

Mes bien aimés paroissiens,

Après avoir manifesté notre foi, notre amour et notre espérance en l’Immaculée Conception, notre montée vers Noël se poursuit sous le regard bienveillant de Notre Mère du Ciel.

Car la mission de la Vierge Immaculée est une mission de maternité de grâce. C’est elle en effet qui nous guide, nous éduque et nous conduit vers son divin Fils.

Si nous voulons mettre de l’ordre dans notre vie, invoquons celle qui a remis de l’ordre dans le monde.

Si nous voulons réparer nos fautes, demandons l’aide de celle qui a permis la réparation du péché originel.

Marie nous conduit à mettre Dieu à la première place dans nos vies. L’Immaculée Conception nous apprend aussi la haine du péché. Détester le péché, c’est ne plus offenser son fils et c’est aussi réparer pour nos fautes.

La vraie dévotion à l’Immaculée Conception nous conduit enfin à participer avec ferveur à la mission d’évangélisation à laquelle le Christ et l’Eglise nous appellent depuis 2000 ans, particulièrement en combattant l’ignorance religieuse jusque chez nous. Il y a tant d’hommes en effet qui ignorent encore le nom de Jésus, unique sauveur de l’humanité !

C’est donc tous les jours qu’il nous faut invoquer l’Immaculée Conception car nous avons quotidiennement besoin de son attention maternelle.

Dans quelques jours, l’enfant Dieu sera parmi nous. Demandons à sa Sainte Mère de nous conduire jusqu’à lui, avec l’offrande des efforts que nous aurons consentis pendant cet Avent.

Abbé Brice Meissonnier, supérieur.

[Paix Liturgique] Summorum Pontificum au pied du Col d'Aspin

SOURCE - Paix Liturgique - Lettre 469 - 17 décembre 2014

C’est un joli conte de Noël que nous a raconté La Dépêche du Midi dans son édition des Hautes-Pyrénées du 2 décembre 2014 sous le titre « Il dit la messe en latin le dimanche, à Arreau ».

Entre col de Peyresourde et col d’Aspin, l’ensemble paroissial d’Arreau regroupe une trentaine de clochers pour un peu plus de 3000 habitants. Jeune prêtre issu des MEP (les Missions étrangères de Paris), l’abbé Petit y est curé depuis 2013, nommé par Mgr Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes. Et, depuis septembre 2014, il applique le Motu Proprio Summorum Pontificum le dimanche à 18 heures.

Nous vous proposons cette semaine l’article consacré par le quotidien régional à l’abbé Petit, suivi de nos commentaires.
I – L’ARTICLE DE LA DÉPÊCHE

article de Christian Sarrabayrouse, La Dépêche du Midi, 2 décembre 2014
Arreau. Village de charme. Magnifique. Réputé. Où se pratique désormais une messe en latin. Dont la notoriété commence à dépasser le cadre de la vallée.

Ringard. D’un autre temps. On entend déjà des voix (pas celle du Seigneur) s’élever pour décrier cette pratique remise au goût du jour : une messe en latin, le dimanche, à 18 heures, en l’église paroissiale Notre-Dame de l’Assomption à Arreau.

« Cette messe m’a été demandée par des fidèles. Ce n’est pas un retour en arrière, mais une découverte. J’avais l’impression qu’on m’avait caché un trésor. Et un trésor, c’est fait pour être partagé », confie l’abbé Antoine-Marie Petit. Qui, à 34 ans, porte la soutane. Naturellement… Comme une évidence.

« Tous les prêtres peuvent dire cette messe. Benoît XVI a rendu cette pratique possible en juillet 2007 », ajoute l’homme d’église qui invite les croyants, mais pas seulement, à cette «découverte».

« Une messe, c’est public. Vient qui veut. Lors d’une messe en français, on fonctionne avec l’intellect. Avec une messe en latin, on comprend au niveau du cœur. Il n’est pas nécessaire de connaître le latin. On rentre dans une prière qui ne nous appartient pas et c’est très beau », explique l’abbé Petit qui précise « qu’avec un missel, on peut cependant tout comprendre ». Les plus inquiets, les plus perfectionnistes ou les moins éclairés seront rassurés.

« C’est aussi une bonne chose pour la vallée », indique le prêtre, conscient de l’intérêt de cette « spécificité » pour les « locaux », les touristes et les gens de passage.

Le temps finit toujours par faire son œuvre.

L’abbé Antoine-Marie Petit est arrivé à Arreau il y a un an et trois mois. La messe en latin est pratiquée depuis septembre dernier dans cette localité.

À noter que dans les réseaux sociaux, on en parle de plus en plus.

«Autrement, il faut aller à Tarbes ou à Toulouse pour d’autres messes en latin», déclare le prêtre qui rappelle que le latin est une langue sacrée. «Il y a une dimension très mystérieuse lors des messes en latin», conclut l’abbé.

L’article est illustré d’une photo et de la mention du nombre de fidèles (15) qui assistent en moyenne à la messe.
II – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE
1) La Dépêche du Midi est un des titres historiques de la presse quotidienne régionale française. Propriété de la famille Baylet, ce titre, qui compta parmi ses collaborateurs Jaurès et Clémenceau, n’a jamais fait mystère de son engagement radical-socialiste. Son actuel PDG, Jean-Michel Baylet, est aussi président du Parti radical de gauche et membre du Grand Orient. Qu’un tel titre, anticlérical par nature, se penche avec objectivité sur le retour de la liturgie traditionnelle dans une paroisse des Pyrénées est donc en soi significatif. Cela l'est même encore plus quand d’autres titres régionaux viennent de faire de même : La Voix du Nord au sujet de la messe de Dunkerque (article que nous avons commenté dans notre lettre 461) et Le Parisien à propos de la messe des Chapelles-Bourbon (voir notre lettre 457). Cet intérêt de la presse profane pour la diffusion lente mais continue de la forme extraordinaire du rite romain tranche avec le grand silence, quasi négationniste, des médias catholiques, à commencer par La Croix, le quotidien officieux des évêques de France.

2) « Un petit nombre suffit » nous disait le cardinal Zen la semaine dernière. Visiblement, le curé d’Arreau en est lui aussi convaincu puisqu’il a décidé d’appliquer le Motu Proprio pour une moyenne de 15 fidèles nous dit La Dépêche. Un petit groupe auquel l’abbé Petit a toutefois offert, sans ces manœuvres dilatoires auxquelles tant de ses confrères plus âgés nous ont habitués, la possibilité de vivre leur foi selon le choix préférentiel qui est le leur, comme l’Église leur en a donné le droit.

3) Nous ne connaissons pas le curé d’Arreau mais son âge, sa soutane et son appartenance aux Missions étrangères de Paris, MEP – la plus célèbre des congrégations missionnaires françaises, tournée vers la mission sans préjugés catéchétiques ou pastoraux –, nous incitent à penser qu’il fait partie de ces « catholiques néoclassiques » dépeints par Yann Raison du Cleuziou à la page 99 de son intéressante étude sur Qui sont les cathos aujourd’hui ? (DDB, 2014) : « Les enquêtés parlent beaucoup de ces nouveaux prêtres en col romain qui arrivent dans les paroisses et en changent l’orientation. Ils ont entre 30 et 40 ans et se présentent souvent comme la génération Jean-Paul II [et] entreprennent de restaurer une différence catholique visible. » Tous les diocèses de France voient ainsi arriver des prêtres et des séminaristes de ce type classique. Nous l’avons souvent souligné dans nos réflexions sur les chiffres des ordinations et des rentrées de séminaristes : les nouvelles générations de prêtres, libérées des œillères idéologiques du XXème siècle, feront faire un pas décisif à la paix et à la réconciliation à laquelle la plupart des catholiques aspirent aujourd’hui, qu’ils soient « optimistes », « zélés » ou « dégagés » selon les catégories utilisées par Yann Raison du Cleuziou.

4) Le journaliste de La Dépêche évoque avec humour quelques manifestations de mauvaise humeur : « On entend déjà des voix (pas celle du Seigneur) s’élever pour décrier cette pratique remise au goût du jour ». Ces voix, que l'on imagine facilement ecclésiastiques plus que laïques, ne devraient pas trouver longtemps de quoi nourrir leur mécontentement tant l'abbé Petit semble d'un caractère apaisé et tant la cérémonie elle-même – une messe vespérale au fond d'une vallée – ne paraît guère menacer les équilibres diocésains.

5) Complexité de la géographie pyrénéenne aidant, la plupart des fidèles d’Arreau ne sont pas des nomades parcourant le département pour trouver la messe mais des habitants des environs venant de la forme ordinaire, nouvelle confirmation des résultats de notre campagne de sondages menée entre 2008 et 2012 et de l’existence de ces silencieux de l’Église qui n’ont pas rompu le lien avec LEUR paroisse malgré la tempête postconciliaire. Rappelons qu'un catholique sur trois, et pas seulement dans l'ouest parisien comme le veut la vulgate épiscopale, assisterait volontiers à la liturgie traditionnelle si celle-ci était offerte dans sa paroisse... À ce noyau de locaux devrait se greffer durant les vacances de Noël et d’hiver quelques fidèles de passage, venus skier dans les grandes stations que sont Peyragudes et Saint-Lary-Soulan. Selon nos informations, l'abbé Petit envisage d'offrir à ses paroissiens la messe de Minuit selon le missel de saint Jean XXIII. Avis aux skieurs Summorum Pontificum !

(*) Les détails des messes dans les vallées de l'Aure et du Louron sont ici.